G191 17/02/11 Communiqué de M Ali Abdillahi Iftin, membre du GED et candidat aux élections présidentielles de 2011, pour dénoncer l'usage des armes contre les populations civiles et pour demander aux membres des Forces armées de ne pas s'opposer aux manifestations populaires et au contraire d'apporter leur soutien aux revendications légitimes qui s'expriment

Alors que le peuple djiboutien manifeste clairement et en toute sérénité sa volonté d’une transition effective vers un régime démocratique, des forces de répression – souvent composées de milices, de mercenaires étrangers à la solde du pouvoir illégal d’Ismaïl Omar Guelleh – n’ont de cesse de terroriser les populations de la capitale, du Sud-Ouest, de l’Ouest et du Nord du pays.

Ces forces de la répression aveugle du pouvoir en place n’hésitent pas à faire usage de leurs armes, sans réserve d’aucune sorte, en tirant sur les manifestants désarmés ; entravant ainsi violemment la liberté d’expression et de manifester, blessant voire tuant délibérément des hommes, des femmes et des enfants.

M Ali Abdillahi Iftin, membre du GED et candidat aux élections présidentielles de 2011 :

- exprime sa profonde tristesse et ses regrets face aux lourdes pertes humaines subies par les populations lors des manifestations, tant dans la capitale que dans les villes de l’arrière pays. Il présente aux familles concernées et à leurs proches ses condoléances les plus sincères et formule ses vœux de prompt rétablissement à l’adresse des personnes blessées,

- condamne avec la plus grande fermeté tous les ordres et les actes déshonorants consistant à faire usage des armes contre les populations qui manifestent pacifiquement pour le respect de leurs droits républicains,

- invite les Militaires, Gendarmes et Policiers de tous grades qui ont conservé le sens de l’honneur et du Respect de la dignité humaine à venir rejoindre, sans délai, leurs frères et leurs sœurs au sein de l’opposition pour construire ENSEMBLE un Etat de droit,

- en appelle à une grande vigilance de chacune et de chacun lors de la manifestation qui se déroulera le vendredi 18 février 2011 et qui pourrait être l’opportunité pour le tyran Ismaïl Omar Guelleh de faire mettre en œuvre un stratagème scélérat dont il a fait largement usage par le passé.

Face à l’ampleur de cette grande manifestation nationale, des informations dignes de foi nous laissent à penser que la manœuvre consisterait à utiliser quelques « éléments perturbateurs » à la solde du pouvoir et supposés opposants afin qu’ils fassent usage d’armes à l’encontre des forces de répression ; qui, à leur tour, répliqueraient en faisant, elles aussi, usage de leurs armes, sans réserve aucune.

- demande instamment aux diplomaties occidentales, et tout particulièrement à la France, aux USA et à l’UE qu’elles exercent, dans l’urgence, le maximum de pression sur l’actuel gouvernement djiboutien pour qu’il assure une meilleure protection des vies humaines et la sécurité des populations tout en faisant cesser tous les actes de répression.

L’heure n’est pas au bruit des armes et au sang versé mais à l’ouverture politique, au dialogue pour des réformes significatives et profondes susceptibles de développer une vie politique démocratique et pluraliste dans le pays.