(G183 18/04/10) Communiqué de Monsieur Ali Abdillahi Iftin
candidat à l'élection présidentielle à Djibouti.

Appel à tous les Chefs d'Etat et en particulier à ceux dont les forces armées sont implantées sur le territoire djiboutien et à leurs Chancelleries sur place.

Le 14 avril 2010, l'Assemblée nationale djiboutienne vient de ratifier, de manière précipitée le remaniement de la constitution Djiboutienne de 1992.

Cet événement est tragique pour un très grand nombre de mes compatriotes. Il ne vise qu'à permettre à M. Ismail Omar Guelleh, actuel Chef de l'Etat, de pouvoir briguer un troisième mandat présidentiel.

Dans son ancien article N° 23, la Constitution stipulait qu'un Chef d'Etat ne pouvait exercer que deux mandats présidentiels. L'Assemblée nationale, en votant l'amedement de la Constitution et en particulier la suppression de cet article, vient de légaliser un coup d'Etat constitutionnel.

En prenant fait et cause pour satisfaire les ambitions de M. Ismail Omar Guelleh, les Députés ont démontré, que loin de représenter le peuple, ils n'agissaient collectivement que comme une chambre d'enregistrement aux ordres et au service de l'Exécutif djiboutien.

Beaucoup de démocrates djiboutiens qui aspiraient à l'instauration d'un régime démocratique à l'occasion des élections présidentielles de mars 2011 sont réellement atterrés par cet état de fait, qui anéantit tout espoir de transition pacifique et démocratique.

Afin de persuader les représentations étrangères à Djibouti que cette mesure serait soutenue par un élan populaire, la Présidence vient de faire procéder ce soir dimanche 18 avril, à un quadrillage de la capitale, par la Garde Républicaine et les différents services de police. Le but étant d'obliger le peuple, pourtant hostile, dans sa majorité, à la reconduction de M. Guelleh, à participer contraint et forcé à des manifestations de soutien.

Appel à tous les dirigeants des Etats et en particulier à ceux qui ont des intérêts à Djibouti et en particulier dont les Armées sont présentes sur le territoire

Conscients de l'émoi dans les populations et des réactions négatives que suscite cette décision qui n'a pas été soumise au peuple par referendum, je lance un appel à toutes les chancelleries présentes à Djibouti, pour solliciter leur soutien afin d'éviter un banin de sang et de nous aider à promouvoir la démocratie et la paix à Djibouti.

Il faut éviter à tout prix de recréer une situation comparable à celle que vit la R épublique sœur de Somalie.