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G 165 - 13/02/09

Le corbeau royal et la Justice

Bouh warsama

 

Maître Djamanus Souleimanem perché sur un arbre du Palais
Serrait fébrilement sous son bras l’argent de son indignité
Se pensant au dessus de toutes lois car supposé Procureur
Jacassant, imbu de sa petite personne, cupide en la demeure

S’en vint à passer Dame Justice étrangère demandant explication
« Pourriez-vous descendre de votre arbre et m’expliquer raison 
Pour lesquelles vous seriez, parait-il, au dessus des lois ? »
Lança t-elle selon l’usage, formes et termes comme il se doit

« Je vous ai convoqué maintes fois à Paris comme témoin assisté
Pour vous entendre dans une affaire, selon la loi en toute légalité
Mais vous avez contrevenu puis dénoncé les accords de Justice
Qui depuis bien des années, en Droit pour nos pays les unissent

« Je suis Djamanus l’intouchable, le magnifique Corbeau du Roi 
Mais si vous voulez monter jusqu’ici, il reste bien là un endroit
D’où l’on domine piétaille, le peuple asservi qui n’a mot à dire
Muet sous peine de jugement immédiat et surtout du bien pire 

D’autres que vous n’ont point hésité, jouissant de mille bienfaits
Dans la douce quiétude du Sheraton et de ses grandes soirées
Instruisant bien plus sur qualité du sable fin aux îles de Musha
Que sur affaire d’un juge français suicidé, sur ordre du pacha

Il serait aisé d’accepter de cette affaire notre version édulcorée
De rendre visite à sa Majesté, en son Palais en être l’invitée
Et recevoir ainsi quelques présents qui entretiennent amitiés
A condition de fermer les yeux et donner foi à notre seule vérité

Ici, lois républicaines ne s’appliquent qu’au peuple des ignorants
Mais point aux hommes de ma stature, en un mot condescendants Serviables à l’égard de sa Majesté la pensée unique qui récompense
Si généreusement serviteurs et pigeons avec l’argent de la France

Roi, Reine et Cour sont de droit divin, nulle loi ne leur est opposée
Car justice applicable n’a compétence que lorsqu’elle est falsifiée
Aux âmes perverses, expédients n’attendent pas nombre d’années
Il suffit pour ce faire de s’incliner devant lois du royaume bananier

Vol ne saurait exister à haut niveau d’Etat, simple évaporation
Point d’enquête, de mise en cause devant justice ou de citation
Ceci facilite d’autant notre travail harassant sous un tel soleil
Et permet de brouter tout son saoul quitte à en perdre sommeil

Quant aux aides internationales, elles sont dues de tradition
Aux finances du plaisir royal et au jeu de toutes les déraisons
Que le peuple se meure n’a que peu d’importance et si futile
Pourvu que le Roi construise Palais divin à Dubaï, sur son île

Dame Justice étrangère s’offusqua et répliqua : « Vous affirmez
Etre homme de justice mais en bafouez les valeurs, le bien fondé
Prenez garde que la branche qui vous porte ne se brise un jour
Et que vous ne chutiez alors lourdement en prison, sans détour 

La politique de votre Roi des subterfuges ne doit sa longévité
Qu’à des hommes et femmes qui pour argent et piètres lauriers
Sont prêts à se compromettre, à vendre ce qu’il leur reste d’âme
Et comme vous cautionnent trafics d’enfants et celui des armes »

Djamanus l’intouchable, le magnifique corbeau du Roi fut irrité
Qu’une « autre Justice » puisse oser prendre autant de liberté
Pour contester l’édifice royal que son Maître et grand Souverain
A mis en place avec ses quelques « amis français » et aigrefins

« Qui de vous ‘Dame Justice’ ou de moi est le plus fortuné et malin
Qui peut condamner sans juger, ignorer supplices en étant si serein
Qui peut cautionner aussi meurtre politique de quelques opposants
Faire emprisonner et torturer des Afars, vieillards, femmes et enfants ?

Votre monde n’est pas le notre mais vos dons sont nobles intentions
Pour autant qu’ils emplissent nos comptes en banque sans question
Nul ne saurait contester nos décisions prises en toute souveraineté
Même si elles sont contraires au respect de l’humain et à la vérité

Bien plus paraître qu’être, toujours quémander et user du chantage
Puiser ça et là toutes fausses raisons et prendre peuple en otage
Solliciter tout et de partout en glorifiant nos donateurs sans détour
Exalter nos bailleurs de fonds puis faire brûler leur drapeau un jour

La politique c’est aussi cela « Dame Justice », elle a ses raisons
Sur lesquelles vous n’avez point de prise malgré vos oppositions
De votre métier vous avez sens du Droit, et respect de l’honneur
Alors que décadence et argent détourné font notre seul bonheur

Laissez-nous nos forfaitures, escroqueries, trafics et concussions
Et gardez pour vous Justice, Droit et Respect de vérité l’intention
Notre royaume est corrompu à outrance, certes mais il reverse
Quelques argents à des aigrefins étrangers par chemin de traverse

Notre Roi, dans sa grande bonté, déclare à qui veut bien l’écouter
Qu’à usage politique, accords inavouables il a toujours respecté
Citant tel président considéré de ses amis, en période d’élections,
Recevant, par avocat discret et porteur de valise, juste rétribution

Quant à moi c’est une revanche que je prends sur mes incompétences Confirmées lors de mon séjour à l’Ecole de la magistrature en France
Délations et attitudes les plus basses sont les moyens de compenser
Ce dont la nature ne m’a pas doté pour être un homme avec dignité

Aujourd’hui je n’ai que faire de votre Justice, la mienne me va bien
Elle me permet d’un meurtre prémédité en faire suicide, presque rien
Et si je ne suis pas autorisé par le Roi et comme d’autres à témoigner C’est qu’à Paris l’air y serait très malsain et préjudiciable à la Santé

Que j’ai tenté de suborner témoin ou pas, ceci n’a point importance
Car viendra le jour d’un voyage sous immunité diplomatique en France Allant, venant à la barbe de votre Justice qui ne sera jamais la mienne Vous narguant ainsi aussi longtemps que cette envie là me tienne »

 

Mais à force de s’agiter sur sa branche
Djamanus l’intouchable, magnifique Corbeau du Roi 
chuta et se retrouva seul…..

 



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