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De quelle bravoure peut ainsi se réclamer le Gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh ?



 

 

 



G 162 - 30/01/09

Djiboutiens et Djiboutiennes sont las des discours qui ne remplissent pas leur assiette depuis trop longtemps.

Africanman


Quand le gouvernement Guelleh va-t-il enfin arrêter de se limiter à la mendicité pour enfin prendre des initiatives heureuses ?


Si nous voulons atteindre l'objectif du Millénaire pour le développement consistant à éliminer la faim et la pauvreté qui sont extrêmes, la contribution des pêches et de l'aquaculture doit augmenter considérablement en Afrique, en Afrique subsaharienne et – pour ce qui nous concerne – à Djibouti.

Comment faire lorsque constat est fait par les experts quant à la production halieutique qui stagne en Afrique, voire régresse depuis une dizaine d'années.

Les disponibilités de poisson par habitant diminuent ; elles furent d’environ 9 kg dans les années 90, de 7,5 kg en 2001, alors que nous en étions à plus ou moins 6,2 kg en 2007. Le drame est qu’à l’inverse des autres – qui ont considérablement augmenté leur consommation en 15 années, souvent leur production tout en la diversifiant - l’Afrique est le seul continent où cette tendance à la baisse croissante de la consommation est observée.


- Le problème est qu'il n'existe pas d'autres sources de protéines accessibles à tous, ce qui fragilise d’autant la sécurité alimentaire qui est bien plus que précaire.


Bon nombre de conférences sont organisées mais sembleraient rencontrer le vide chaque année ; conférence dont le but est d'attirer l'attention des gouvernements africains – djiboutiens en l’espèce - et de la communauté internationale des donateurs sur la nécessité d'investir dans les pêches et l'aquaculture durables, et d'aider les pays de la région à faire une planification commune pour les renforcer comme nous l’avons toujours préconisé.

- Construire dans la Paix !

Au lieu de chercher querelles, d’entretenir des conflits qui n’ont aucun sens et déciment les rangs des militaires de part et d’autre, ne serait-il pas plus judicieux de lancer le projet d’utiliser la zone de Ras Doumeïra et son île pour y installer un centre diversifié d’aquaculture en commun, géré conjointement par Djibouti et l’Erythrée ?

Plutôt qu’en faire un lieu d’enjeu, pour les uns et pour les autres, ne serait-il pas préférable d’y faire subventionner un projet commun - initialement et pour quelques années servant de période de démarrage - d'activités rentables ; elles même créatrices d’emplois.


- Comment l'Afrique dépend-elle du poisson pour se nourrir?

Même si l'Afrique a la plus faible consommation de poisson par habitant du monde, les écosystèmes aquatiques marins et continentaux sont très productifs et font vivre d'importantes pêcheries qui ont enregistré un gros essor depuis une dizaine d’années.

Avec une production de 7,5 millions de tonnes en 2003 et des niveaux similaires les années précédentes, le poisson assure 50% ou plus des apports en protéines animales de nombreux Africains- c'est-à-dire au second rang après l'Asie.

Même en Afrique subsaharienne et dans la région de la Corne Est, le poisson assure près de 19 % des apports de protéines animales de la population. Ceci constitue une contribution importante dans une région affligée par la faim et la malnutrition.


- Un enjeu de taille.

Mais le problème est de taille car alors que les niveaux de production des pêches de capture se stabilisent, voire parfois régressent dans certains pays, la population continue de croître.

Au vu des prévisions de l'ONU sur les tendances démographiques et des évaluations disponibles sur les tendances futures de production halieutique, uniquement pour maintenir la consommation de poisson par habitant de l'Afrique à ses niveaux actuels, la production devrait augmenter de plus d'un tiers durant les 15 prochaines années.

La situation a été en partie aggravée par l'accroissement sensible des exportations, et des récoltes des flottes non africaines opérant dans la zone dans le cadre d'accords de pêche.


- Mais alors, d'où viendra le poisson nécessaire pour nourrir la population africaine croissante?

Les ressources côtières sont déjà fortement exploitées, et les pêches de capture marines auraient du mal à produire davantage, même moyennant des investissements massifs.
Il est difficile d'envisager de réduire les exportations, vu le besoin de devises étrangères dans les pays concernés. En conséquence, en Afrique - comme dans le monde en général - l'aquaculture devra jouer un rôle important.

Malheureusement, l'aquaculture en Afrique aujourd'hui est encore essentiellement une activité de subsistance, secondaire et à temps partiel, ayant lieu dans de petites exploitations. Au niveau mondial, en revanche, l'aquaculture assure environ 30 pour cent des approvisionnements mondiaux de poisson. La production aquicole en Afrique ne représente seulement que 1,2% du total mondial.

En outre, l'aquaculture marine -ou mariculture- se développe rapidement dans de nombreuses régions du monde, et certains des problèmes qui ont limité son exploitation durable sont désormais en passe d'être résolus.
S'il est trop tôt pour avoir une idée objective du potentiel de la mariculture en Afrique et particulièrement à Djibouti, on peut affirmer que c'est sans aucun doute un sous-secteur qui devrait être pris en sérieuse considération.

Mais ceci ne veut pas dire qu'il faut négliger l'aménagement des pêches de capture. Une meilleure gestion des pêches marines et intérieures en Afrique contribuerait à la sauvegarde de ces importants secteurs de production vivrière.

La FAO est en particulier convaincue qu'il existe un vaste potentiel à exploiter dans les pêches de capture intérieures de l'Afrique, généralement négligées. Un très grand nombre de petits plans d'eau et de rivières pourrait être amélioré et utilisé pour accroître la production de poisson, à condition de mettre en place des mesures d'incitation adaptées et des structures de soutien à la commercialisation.


- Pourquoi la pisciculture est-elle si peu considérée en Afrique ?

Il y a plusieurs raisons à cela, mais la plus importante est que le secteur n'est pas traité comme une entreprise commerciale, dans une optique commercialement viable et rentable.

Jusqu'à très récemment encore, la plupart des pays d'Afrique subsaharienne considéraient l'aquaculture comme une activité principalement de subsistance locale, plutôt que comme une industrie soutenue par des investissements capables de créer d'importantes recettes économiques sur le moyen terme.

De sorte que le manque d'incitations économiques a bloqué l'essor de l'aquaculture.
Et si le renforcement des capacités et le soutien technique et institutionnel sont importants,
le principal obstacle est l'investissement.