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G 158 - 28/01/09

La monnaie chinoise va t-elle se dévaluer face au Dollar ?

Camille Yihua-Chen

Les marchés étaient bien trop habitués à voir le yuan s'apprécier face au dollar...
Depuis trois ans en effet, la monnaie chinoise (le renminbi) n'avait cessé de remonter contre le billet vert, affichant une réévaluation de 16% : 8,110 RMB pour 1 $ le 21 juillet 2005
contre 6,827 au 26 novembre 2008.

Aussi, lorsque, du 27 novembre au 5 décembre, le yuan s'est déprécié face au dollar, la consternation fut totale sur le marché des changes. Consternation à son comble le 2 décembre, où le renminbi a clôturé à 6,8870 pour 1 $, sa plus forte baisse en trois ans, atteignant ainsi la limite basse de la fourchette de fluctuation (0,5%) dans laquelle il est autorisé à évoluer par rapport au dollar.

"La récente dévaluation du yuan contre le dollar est un phénomène normal", a déclaré le ministre chinois du Commerce extérieur, Deming Chen.
Et d'ajouter : "Plutôt que d'évoquer la baisse du yuan, mieux vaudrait parler de l'affermissement du dollar puisque notre monnaie ne s'est pas dépréciée ni contre l'euro ni contre le yen."

Il semble bien, pourtant, au vu des dernières statistiques peu rassurantes de l'économie de la Chine, que ce soit la chute de 9% de son commerce extérieur entre octobre et novembre qui, en la circonstance, ait agi comme détonateur.

Certes, le recul du renminbi face au dollar pourrait dans une certaine mesure soulager nombre d'exportateurs -- notamment du Guangdong (Chine du Sud-Est) -- mis à mal par la crise. Mais cela ne permettra pas de sortir de l'ornière toute l'industrie exportatrice chinoise : celle-ci souffre non pas du prix élevé de ses produits, mais de l'insuffisance de la demande des pays étrangers, notamment des Etats-Unis et de l'Union européenne.

Pékin en est parfaitement conscient et l'a même fait savoir par l'intermédiaire de Deming Chen : "Nous ne comptons guère sur la dévaluation du yuan pour doper nos exportations !"

Rendre imprévisibles les mouvements de sa monnaie

Quelles étaient alors les intentions réelles de la Banque centrale chinoise quand elle a décidé de faire reculer sa monnaie face au dollar ?

Parmi plusieurs explications, celle que nous privilégions est la suivante : pour Pékin, la dévaluation du yuan dans un contexte de dégradation de son économie constitue l'occasion d'envoyer aux marchés deux messages.

Primo, le yuan ne doit plus évoluer uniquement dans le sens d'une réévaluation : quand l'économie chinoise va mal, sa monnaie doit pouvoir fluctuer en sens contraire.

Secundo, le fait que le yuan puisse évoluer à la hausse comme à la baisse permettra de rendre imprévisibles ses mouvements, ce qui devrait réduire la marge de maoeuvre de tous ceux qui, jusque-là, spéculaient sur une hausse de la monnaie chinoise.

Reste à savoir si l'intervention de la Banque centrale chinoise laisse présager un cycle de dévaluation du yuan... Il est clair que, compte tenu de l'état actuel de l'économie chinoise et de l'entrée en récession des pays occidentaux, une rapide réévaluation du yuan, comme l'espèrent les Américains et les Européens, n'est pas réaliste.

En revanche, plusieurs éléments plaident pour une lente et progressive remontée de la devise chinoise au cours de l'année 2009 : sa forte attractivité, l'excédent du commerce extérieur chinois et la volonté de Pékin de rester en bons termes avec le nouveau locataire de la Maison Blanche - qui n'apprécierait guère de voir son déficit extérieur avec la Chine se creuser davantage pour cause de dévaluation continue de la "monnaie du peuple".