En dépit des lois et de toutes les recommandations internationales, notamment sur la liberté d'expression et l'accés libre à Internet, seules la Police politique et les hautes autorités djiboutiennes peuvent se connecter sur notre site dans le "pays des braves".


De quelle bravoure peut ainsi se réclamer le Gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh ?



 

 

G 154 - 23/01/09

Pour les gouvernants d’un pays, fussent-il autoproclamés, il faut patiemment et sans relâche construire au mieux, organiser et ordonner pour le bien du plus grand nombre.

Mohamed Saleh Alhoumékani


- Climat et ressources en énergie – Afrique et paradoxe.

Au cours du dernier trimestre de l’année 2008 l’Union Européenne a adopté son « plan climat » qui doit – parmi les 20 % d’exploitation des énergies renouvelables préconisées pour 2020 – faire la part belle à l’énergie solaire.

Le paradoxe étant que bien qu’étant le continent le plus ensoleillé de la planète, l’Afrique n’est quasiment pas équipée en énergie solaire.

Avec un ensoleillement quotidien moyen se situant entre 5 et 7 kwh par m2, ce continent est dans une situation exceptionnelle ; seuls le Nord de l’Australie, le nord du Chili et la péninsule arabique ont un potentiel d’ensoleillement équivalent, voire supérieur.

Or l’Afrique est quasiment ignorée dans toutes les statistiques sur la production solaire.
Pourquoi ?

Observons que cette énergie produite, entre autres, par les cellules solaires ne date pas d’hier car elle fut découverte par Edmond Becquerel……… en 1839.
Ces cellules - également appelées photopiles sont assemblées - selon des techniques de plus en plus performantes - en panneaux solaires capables de convertir directement la lumière en électricité : c’est l’effet photovoltaïque.

Pourtant, les besoins de l’Afrique sont énormes en Electricité et ce manque se fait cruellement sentir tant le retard est criant.
En Afrique subsaharienne seule une personne sur quatre a accès à l’électricité alors qu’en milieu rural, la proportion passe jusqu’à une sur …quinze.

Si l’on considère le fléau que représente la déforestation qui conduit – depuis des centaines d’années – à la désertification de régions entières, on comprend quels seraient les avantages de disposer des énergies renouvelables et à faible coût pour les familles rurales et citadines, à Djibouti comme ailleurs.

Fini la déforestation, la source d’énergie solaire serait transformée sur place et sans nul besoin d’un réseau complexe en électricité. Une élecricité propre et d’origine non polluante pour faire cuire les aliments, s’éclairer et faire fonctionner la climatisation.


La chaleur diffusée par le rayonnement solaire peut être utilisée pour de nombreuses applications et à différents niveaux de température.
À basse et moyenne température
, l’énergie solaire est utilisée dans les pays occidentaux dans le bâtiment pour produire de l’eau chaude sanitaire (ECS), chauffer les locaux et l’eau des piscines.
Ces utilisations sont regroupées sous l’appellation « solaire thermique ».

Si ces utilisations simples sont désormais développées à grande échelle, d’autres ont largement dépassé le stade de la démonstration pour être opérationnelles comme le rafraîchissement solaire ou l’utilisation du solaire dans les procédés industriels.

En concentrant le rayonnement solaire il est possible d’atteindre des températures plus élevées adaptées à d’autres utilisations comme la cuisson à travers les fours solaires ou la fabrication d’électricité à travers les centrales solaires.

La chimie solaire
est aussi une voie bien plus que prometteuse qui avance à grands pas grâce aux investissements financiers importants qui y sont effectués : elle repose sur l’utilisation de l’énergie solaire pour produire de l'hydrogène, des réactifs, ou pour décontaminer.

- Deux obstacles à ce manque d’équipement : le coût et l’image !

Pour le continent le plus pauvre de la planète mais qui détient pourtant en son sous sol vraisemblablement des plus grandes ressources naturelles de la planète pour un demain proche, l’obstacle central au développement de l’énergie solaire reste le coût d’une industrie qui, si elle progresse à grands pas depuis peu, reste hélas puissamment subventionnée par les aides locales d’Etat et surtout internationales.

Comme en chaque chose, il faut un début à tout. Mais survivre en restant immobile face aux grands défis de ce monde, c’est mourir.

Le boom du voltaïque européen et japonais s’appuie sur un tarif d’achat extrêmement généreux.
C’est une démarche de pays riches et qui ne correspond pas aux possibilités actuelles en Afrique saharienne ou de l’Est.

Soyons réalistes, tous les pays africains ne pourront surfer sur la vague actuelle de l’énergie solaire que lorsqu’ils pourront faire des économies d’échelle pour faire baisser les prix certes ; mais Djibouti doit montrer le chemin. On peut même affirmer que nous avons les atouts nécessaires pour nous placer comme "FOURNISSEUR" d'Electicité d'origine solaire, vis à vis de nos pays voisins.

Au-delà de ces obstacles financiers, le solaire est encore trop souvent considéré – à tort – comme « l’énergie du pauvre » qui n’apporterait pas tous les bénéfices du raccordement du réseau. C’est un faux argument développé par les opposants à l’énergie solaire qui ainsi souffre d’un problème d’image.
Certains programmes en zones rurales se heurtent ainsi aux réticences des habitants qui craignent que l’installation de panneaux solaires ne retarde leur intégration dans le réseau conventionnel de distribution d’électricité.
Or l’on constate que très souvent c’est, une fois encore, un mauvais argument car paradoxalement ce réseau de distribution d’électricité est de piètre qualité (voir tous nos problèmes à Djibouti et tout particulièrement dans l’arrière) alors que le solaire d’origine voltaïque constitue indubitablement une source d’énergie idéale car décentralisée et qui devient très vite rentable.

Quasiment pas de panne, réseau individuel de source d’énergie de conception simple…., excellente rentabilité……..et création de nouveaux métiers……., donc d’emplois. Comme nous l’avons écrit plus haut, lutte efficace contre la déforestation………

De faits et partout en Afrique, des petits projets d’équipement de panneaux solaires - capables de convertir directement la lumière en électricité - commencent à foisonner alors que des mécanismes de financement par les instances internationales ont été mis en place.

Pour ne prendre qu’un exemple, au Burkina Faso ce sont des centaines de microcrédits qui ont été mis en place et qui permettent aux familles bénéficiaires de rembourser leur « Kit voltaïque » en 24..36 ou 48 mois.

Le Ghana étudie la création d’un système d’incitation fiscale.

Il reste bien évidemment, à plus long terme, la question du développement de véritables centrales solaires pouvant alimenter les grandes villes d’Afrique et tout un pays voire une sous-région.

L’Afrique subsaharienne risquerait toutefois de devoir patienter car priorité semble être donnée au Maghreb du fait de sa proximité avec l’Europe. En effet, l’électricité produite au Maghreb pour être revendue à l’Europe afin qu’elle atteigne ses objectifs en termes de réduction de gaz à effet de serre.


Mais Djibouti a, là encore et dans ce domaine de l’exploitation des énergies renouvelables, une carte importante à jouer.
Si l’on se réfère aux centaines de millions de francs Djibouti qui ont été investis à perte dans l’entretien et le renouvellement des groupes électrogènes par l’EDD (et qui continuent de l'être chaque année), véritable gabegie sans résultat probant - auxquels s’ajoutent les sommes ahurissantes qui se sont « évaporées » lors de ces opérations – on se dit qu’il est grand temps de remettre « de l’ordre dans la maison » et de favoriser réellement le progrès.


Démocratie ou despotisme conquérant, le progrès d’un pays et de ses populations ne souffre pas l’arrêt et l’inertie.
Les changements sont en marche et inéluctables pour Djibouti.



Comme toute l’humanité, notre pays et ses populations sont contraints ensemble au progrès maîtrisé et, ce, à perpétuité. Faute de ne pas accepter ce progrès, ce serait la disparition à moyen terme de notre pays en tant qu'Etat indépendant.....