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De quelle bravoure peut ainsi se réclamer le Gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh ?



 

 

 


 


G 142 - 11/01/09

GAZA – Quel est le prix d’une vie humaine, celle d’un enfant ? A Djibouti, à Gaza ou ailleurs dans le monde, combien la Paix vaut-elle de milliers de morts ?

El Hadj, le croyant


A l’éternelle question qui revient inlassablement : «  Pourquoi le monde occidental a-t-il pris autant de temps pour réagir face à l’intervention israélienne sur Gaza ? » on peut répondre, a contrario, que cette opération militaire a des conséquences si honteuses dans les consciences humaines de par le monde qu’il était préférable – pour certains - de tenter de limiter les polémiques en fermant momentanément les yeux ou simplement en détournant les regards de ce qui dérangeait les « esprits ».

- C'est ce que d'aucun appellent « la politique de l'autruche ».

Tout ceci et bien d’autres interventions, ailleurs dans le monde tout comme en Irak, nous remettent en mémoire les événements de janvier 1992 à Yoboki – petite ville bien tranquille de Djibouti où des tribus nomades Afars et Issas élèvent traditionnellement des chèvres et des moutons sur la rare végétation qui y pousse.

Afars et Issas parlent deux langues de souche Kush différentes et pourtant si voisines ; deux ethnies proches pour autant que l’on ne les monte pas les uns contre les autres ou que l’on n’invente pas des conflits qui n’ont pas lieu d’exister.
Les Afars occupent traditionnellement la dépression du Denakil qui s'étend du nord de Djibouti à l'Éthiopie alors que le territoire des Issas, situé plus au sud, s'étend jusqu'en Ethiopie et jusqu’en Somalie.

Pour situer les faits dans le temps ; en janvier 1992, nous sommes en plein conflit entre le Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie (FRUD) et l’Etat djiboutien.

Le camp militaire de Yoboki - commandé par le Capitaine Osman Aden Amareh - étant tombé aux mains des hommes du FRUD ; en représailles, le Lieutenant colonel Ibrahim Zakaria d’alors (actuel Général de Brigade et adjoint au CEMGA…, pour combien de temps ?) fit bombarder aux obus au phosphore – Importés d’Irak auprès de son ami Saddam Hussein - le village ou périrent plus de 350 Afars dont une grande majorité de vieillards, de femmes et d'enfants.

Faussement réticentes aux meurtres particuliers mais bien trop permissives aux génocides déguisés et trop souvent résignées à soutenir la tyrannie à qui l'on donnera diplomatiquement le nom de « despotisme éclairé » afin d'avoir bonne conscience, les diplomaties occidentales – et tout particulièrement française dans ce quelle considère être son « Jardin » - iront très loin dans un révoltant silence coupable.

Caution coupable – y compris par l’apport de renseignements - quant aux opérations militaires qui seront menées notamment à cette époque par les forces gouvernementales contre les populations Afars dans les régions d’Assa Guela, de Dadoya, du Day, de Dora, de Gorrabous, d’Hanle, de Gagade, du Lac Assal, du Mont Hemet, de Mouloule, d’Obock, de Randa, de Sagaloh……...

Ce sont ainsi des centaines d’Afars – particulièrement des vieillards, des femmes et des enfants sans défense - qui seront sacrifiés sur l’autel du pouvoir en place à Djibouti ; cautionnant ses mensonges et ses mascarades, s'essayant à rendre respectables ses meurtres tout en donnant l'apparence de la solidité et de la respectabilité à ce qui n'était que du vent comme cela s’est vérifié depuis.


Les images des corps des victimes - produites par la Radio Télévision de Djibouti - étant d'une telle atrocité insoutenable, le président d’alors Hassan Gouled Aptidon intervint personnellement pour qu'elles ne soient plus diffusées.
Des engins de travaux publics de l'Etablissement Central du Matériel des Armées (ECMAT) furent envoyés sur place en urgence à partir de la capitale. Ils mirent quelques jours pour arriver à Yoboki où des fosses communes furent creusées à la hâte ; les corps des victimes furent poussés par les engins dans ces fosses puis recouverts.

- Gaza, populations palestiniennes sacrifiées !

Pour ce qui concerne Gaza, le fait que les diplomaties quasi unanimement en appellent à la paix et au respect des populations palestiniennes soulage certes nos consciences mais que cela ne nous fasse pas oublier de faire face aux réalités en toute objectivité.

Certes il y a les faits ; l’instabilité des autorités politiques palestiniennes avec un Hamas très puissant et renversant l’autorité palestinienne en juin 2007 sans pour cela favoriser l'instauration de la paix.
Le harcèlement des militaires et des civils israéliens par les tireurs de roquettes et les menaces proférées verbalement et entretenues en Iran de faire disparaître Israël et ses populations juives de la terre ; le soutien de ces mêmes extrémistes aux radicaux palestiniens. Dans de telles conditions, il est bien plus facile d’entretenir les conflits quotidiens que de faire taire les armes, de part et d’autre, et de s’asseoir devant une table pour tenter d’y négocier véritablement une paix équitable.

Et puis il y a le noyau très minoritaire mais combien actif des extrémistes israéliens qui vous confieront qu’un « bon palestinien est un palestinien mort !.... ». Ceux là en arrivent à faire taire ceux et celles qui très majoritairement veulent la paix en Israël. Il y a des militaires qui sont déterminés à résoudre le « problème » en éradiquant les menaces par la force ; or dans les esprits, trop souvent « la faiblesse de la force est de ne croire qu’à la force ».

Et puis il y a ces tirs sur les écoles, même celles gérées par l’ONU, les bombardements sur les maisons dans lesquelles des familles complètes se sont réfugiées ; parfois ce sont trente cinq personnes dont on aligne les dépouilles ensuite sur le sol et pas souvent celles des combattants du Hamas.

Le refus des Israéliens de prendre en charge médicalement les blessés Palestiniens. Et puis il y a l’insoutenable avec ces enfants dont on montre les images de corps ensanglantés et sans vie sur nos écrans de télévision ; qu’ont-ils faits de si grave au point d’être ainsi condamnés ?
Des chiffres qui semblent se confirmer ; vraisemblablement plus d’un millier de morts – pour l’essentiel des civils. L’intervention israélienne tourne au massacre ; aux exécutions en règle, presque planifiées des populations de Gaza.


- Qui a tout intérêt à faire avorter les initiatives de paix à Gaza ?

Israël s’étant retiré, en un temps, de Gaza ; était-ce une entrée de jeu pour y revenir en force quelques temps plus tard et créer ainsi une nouvelle zone tampon ? Ce plan n’était-il pas déjà dans les « cartons  politiques israéliens » alors que l’Etat reconnaissait à Gaza son indépendance.

L’Iran des Mollah veut détruire Israël.

La parole du Président iranien Ahmadinejad - en octobre 2005 - ne souffrait pas deux interprétations et les palinodies tendant à minimiser la portée de ses propos anti israëliens qu’il a tenus alors et confirmés depuis, relèvaient d’une tactique de temporisation dans un climat international défavorable à l’Iran. Par deux fois le président iranien avait appelé à « rayer Israël de la carte ».

Certes en l’état, l’Iran n’a pas la possibilité de rayer de la carte un pays et ses habitants membres comme lui des Nations Unies.

Où est le minimum vital dans un combat fratricide par définition, pour garder une image de l’humain capable de survivre à ses propres défaites – y compris la tentation de la lutte armée.

L’histoire de notre humanité est meublée de tant de moments où même Dieu, d’après les témoins de la religion, semblait désespérer de l’humanité. Ce sentiment lui était prêté par des croyants de toutes les religions engagés, lucides, courageux et que l’on appela plus tard « les prophètes » livrant une interprétation critique des événements de l’histoire.

Ne dit-on pas aujourd’hui « Assez de bombes ! »

Ne dit-on pas aujourd’hui « Assez de morts ! »

Ce ne sont pas avec les graves évènements de Gaza, ce n’est pas avec la volonté de détruire un peuple encerclé, humilié sur le territoire des Philistins menaçant de jadis et de l’autre un peuple d’Israël rétabli dans sa dignité, son indépendance mais ignorant les réalités que l’on va ainsi construire le minimum de paix nécessaire pour qu’au moins la coexistence soit possible entre les populations frères.


S’il nous arrive parfois de désespérer des humains ne serait-ce pas parce ce que nous en espérons encore quelque chose de positif ?

Un sursaut de clarté de l’esprit avec une révolte du cœur ;

à Gaza comme à Djibouti !