En dépit des lois et de toutes les recommandations internationales, notamment sur la liberté d'expression et l'accés libre à Internet, seules la Police politique et les hautes autorités djiboutiennes peuvent se connecter sur notre site dans le "pays des braves".


De quelle bravoure peut ainsi se réclamer le Gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh ?



 

 

 


 


G 139 - 08/01/09

A Djibouti comme ailleurs, le journalisme ne doit pas consister à répandre et entretenir des fables hérétiques, à tenter de falsifier des vérités et à magnifier les délires fantaisistes de la tyrannie politique qui règne sur le pays.

Africanman


Aux fins d’exprimer pleinement son indépendance par rapport au pouvoir politique et conforter sa crédibilité, le journalisme devrait aussi s’interdire d’ encenser la tyrannie aux fins de bénéficier et de vivre grassement des largesses qu’elle lui consent en récompense.
Comment peut-on glorifier la tyrannie dans ce qu’elle a de plus abject ? Surtout lorsque des personnes tout simplement critiques envers le tyran au pouvoir prennent toujours le chemin des cachots de la prison de Gabode ou d’ailleurs, pour y croupir durant des années le plus souvent sans jugement.


- Pour une jeune république et ses populations, à quoi ont bien pu servir pour le moins 30 années d’indépendance ?

Nos valeurs et le respect de la déontologie doivent émerger et constituer aussi pour nous des cadres éditoriaux qui inspirent et orientent notre action.

Par la puissance des moyens des communications sociales, on assiste à la globalisation d'une société au relativisme moral, la célébration de l'argent ou de ce que les universitaires appellent l'éthos de la munificence, l'exaltation du sexe, de l’appât du gain facilement gagné – notamment par la corruption des consciences. De même la frénésie d’incitations à la violence et à la guerre ne devrait pas être dans nos valeurs.

Nous avons avec nous, journalistes, un impératif devoir qui met en avant la personne humaine et la loi morale. La destruction des hommes et des institutions par un pourrissement des structures de l’Etat ou par un conflit armé devrait mériter, pour chacun d’entre nous, un examen de conscience éditorial.
Ce qui revient à dire que « toute personne humaine a le droit à la dignité ».

- Journalisme et responsabilité sociale

Dans un contexte comme le nôtre où la corde tribale et ethnique est très sensible, quelle doit être la responsabilité sociale du journaliste, doit-il être la voix de sa tribu ou de son ethnie ?
Va-t-il se poser en porte-voix du groupe et véhiculer ses mythes et ses délires au détriment de la " communauté imaginée " qu'est la nation ? La contribution de la presse dans la construction de l'entité supra-ethnique qu'est la patrie est incommensurable parce que, dans notre société, la version du journaliste fait encore foi.

D’autre part, les moyens de communication peuvent être utilisés pour bloquer la communauté, et nuire à l'intégrité des personnes, en les aliénant, en les marginalisant, ou en les isolant.

Ils peuvent aussi les attirer vers des communautés perverses, organisées autour de valeurs fausses et destructives. Notamment dans des conflits entre pays – comme c’est le cas entre l’Erythrée et Djibouti - ils peuvent favoriser et encourager l'hostilité et le conflit, critiquer excessivement les « autres » afin de plaire au « Maître » et créer la mentalité de " nous " contre " eux ".

Ils peuvent présenter ce qui est grossier et dégradant sous un aspect attractif, et ils peuvent ignorer et ridiculiser ce qui élève et ennoblit.
Il y a crise aussi dans les valeurs sociales, morales et autres.

L'argent devenu maître et dieu s'est introduit avec effraction et dégâts dans notre métier, l'introspection d'aujourd'hui est une occasion de regarder ces intrusions perturbatrices et de purifier le métier d'elles.

Le journaliste est dépositaire de talents : le pouvoir d'informer, il se doit d’en rendre compte.


Le supposé journaliste « ABS » chasse dans les chemins tortueux et affabule au profit de son « Seigneur et Maître » Ismaïl Bobard.

Incroyable et pourtant les hérésies de la guerre qui oppose Djibouti à l’Erythrée jouent un rôle essentiel dans la propagande du Palais de l’Escale et tiennent les petits esprits en alerte. Aux « Signes de banqueroute de l’Etat », aux conséquences désastreuses de la « crise » dans sa globalité, à la « déconfiture du système éducatif et du social », aux « luttes pour la succession à la tête de l’Etat », aux « manifestations contre la vie chère…. » viennent s’ajouter toutes les odieuses incitations à la guerre avec le sang des militaires Djiboutiens ; c’est ainsi que les « petits esprits » pensent faire fortune avec l’argent des autres.

Sous la houlette de son Excellentissime Sérénité Ismaïl Bobard la sottise politique et les âneries de sa presse à Djibouti, a ceci de terrible que même lorsqu’elle est au fond d’une mare nauséabonde, même lorsqu’elle est prise en flagrant délit de mensonge, elle continue de chanter à la gloire de la tyrannie et tente ainsi de travestir voire de masquer toutes les vérités.

Loin de moi l’idée d’apporter un quelconque soutien au président Isaias Afewerki car d’évidence la responsabilité première de l‘agression, des morts et des blessés, dans ce conflit lui incombe sans conteste ; mais l’on se doit d‘admettre aussi que dans cette guerre, le pouvoir d’Ismaïl Bobard y trouve bien des raisons majoritairement inavouables. Motivations qui sont autant de gifles au bon sens et au maintien de la paix entre des populations voisines.

C’est ainsi que j’en arrive à trouver haïssable cette guerre contre l’Erythrée mais encore bien plus ces supposés journalistes qui alimentent le conflit par leurs écrits et qui continue de l’encourage et de la chanter à leur manière alors que l’on sait qu’ils n’oseront pas prendre une arme le moment venu pour défendre le territoire national.


- A l’inverse de ce qu’ils observent, et tel qu’ils l’ont toujours fait, les membres du GED et du MDLN tentent de greffer des yeux à l’imbécillité humaine au pouvoir et à leurs laquais. Aussi sont-ils des éléments dangereux pour Ismaïl Bobard et ses chèvres bêlantes.


Or cet ersatz d’Etat Guelleh et Haïd et ses domestiques n’aspirent, eux, qu’à durer par la corruption des consciences, la falsification et l’obscurantisme dans lesquels ils se complaisent. S'il y a de la corruption, c'est qu'il y a des corrupteurs, mais aussi des corrompus !

Si le pouvoir politique achète, c'est qu'il y a des journalistes pour se faire acheter, et visiblement un certain nombre.

Le pouvoir politique d’Ismaïl Bobard pratique l'intimidation et le chantage. Oui, mais cela veut dire que certains offrent une prise au chantage. Comme le dit ce proverbe "quand on veut grimper aux arbres, il vaut mieux avoir le cul propre". Il faudrait un peu que les journalistes, notamment les journalistes politiques prennent conscience de leur part de responsabilité dans ce phénomène.

Approcher du pouvoir, le commenter, éventuellement être en position de nuire à ses détenteurs et à leurs complices vous expose.

Ce n'est pas nouveau, c'est même une constante. Les abords du pouvoir sont des lieux dangereux et nombre d'imprudents ou de malchanceux y ont laissé la vie au cours de l'histoire ! Quand on veut une petite vie pèpère, on fait autre chose que journaliste politique se prenant pour Robin des bois !

Sans vouloir dédouaner le pouvoir politique à Djibouti qui n'est pas blanc comme neige, pas plus maintenant qu'autrefois le risque n'est pas mortel pour les journalistes en exil.
On ne risque pas sa vie.

Un journaliste injustement attaqué arrivera, passé un certain stade (variable) à bénéficier du soutien de la corporation. Le pouvoir politique sait parfaitement qu'il court un risque à trop titiller un journaliste, et que si la profession se rebiffe et porte la chose sur la place publique, le retour de flamme sera assez méchant car, pour ce qui concerne le pouvoir en place à Djibouti, ce sont plus de 60 associations de défense des Droits de l’Homme qui – de par le monde - s’opposent et s’opposeraient demain à l’actuel Palais de l’Escale.

Et si la profession montrait un peu plus les dents sur ces questions, les politiques se feraient plus prudents !

Cette corruption n'est pas une fatalité, elle n’est pas incontournable, la preuve : des journaux et des journalistes de courage existent. Ils sont craints et redoutés par le pouvoir politique qui n'ose rien ou si peu.

Si l'ensemble de la presse djiboutienne avait cette rigueur et le respect de la déontologie le problème ne se poserait tout simplement pas !