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De quelle bravoure peut ainsi se réclamer le Gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh ?



 

 

 


 


G 138 - 07/01/09

Curieux ces étranges similitudes entre le régime politique de la Guinée et la tyrannie imposée par Ismaïl Omar Guelleh.

Bouh Warsama


La scène politique guinéenne fut dominée ces dernières vingt quatre années par un pouvoir politique unique, autarcique, celui du général Lansana Conté.


Avant lui, en 1958 la Guinée indépendante n’avait connu qu’un autre homme fort, Ahmed Sékou Touré, dont le règne – lui aussi sans partage - fut marqué par la paranoïa des complots, les conjurations multiples, les conspirations d’alcôves avec comme seule réponse une violence d’État presque sans précédent en Afrique, isolant le pays sur fond de discours nationaliste et socialiste.

Après avoir pris le pouvoir le 3 avril 1984, quelques jours après le décès de Sékou Touré, Lansana Conté avait d’abord incarné un véritable espoir de changement, d’évolutions et de progrès pour les populations guinéennes.

L’enthousiasme n’a cependant pas duré très longtemps, ce fut ce que beaucoup d’expert appelèrent à l’époque « le rêve guinéen… ». Rêve qui va se transformer en un véritable cauchemar pour une opposition politique qui sera ouvertement pourchassée dans la quasi indifférence des grandes nations occidentales qui, engagées localement dans des luttes économiques d’influence, avaient et ont encore un œil complaisant et concupiscent pour le régime ; mais bien plus encore en direction des nappes de son « or noir ».


- A l’image de son homologue guinéen............


Sous ses airs affables, faussement avenant et en apparence d’une grande simplicité, le président autoproclamé Ismaïl Omar Guelleh a vite démontré – à l’image de son homologue guinéen - qu’il savait surtout monopoliser jalousement le pouvoir après se l’être approprié par la mystification tout en rejetant depuis ses propres erreurs, ses excès et leurs conséquences sur son prédécesseur Hassan Gouled ; dont il fut le dauphin et le principal collaborateur pendant de longues années.

Chacun sait que toutes les responsabilités de ces erreurs incombent soit à Hassan Gouled, soit à la colonisation française ; par ce qu'il ne ...peut en être autrement.

D’autre part et bien mieux que ne le fit son oncle, IOG a su faire le tri entre les véritables menaces et celles qui n’étaient pas vraiment sérieuses. Artificieux dans l’âme, il va créer une véritable psychose du complot au sein même du Palais de l’Escale et du RPP avec la manipulation de fausses menaces d’attentats à l’encontre du président et de sa famille.
Fourberies au cours desquelles IOG va conforter la prépondérance de son pouvoir de « Police Politique » sur toute autre autorité.

Il a donc, dès 1985, lentement consolidé en sous main son autorité sans limite en éliminant – de diverses manières - tout murmure et surtout ses principaux rivaux au sein de l’Etat, des Armées, des hautes instances politiques et administratives du régime en place d’Hassan Gouled Aptidon.

Parvenu à la tête de l’Etat, « conseillé utilement » Ismaïl Omar a également compris qu’il lui fallait donner – sur le plan international - l’illusion d’une ouverture à la démocratie en autorisant un degré minimal de libertés individuelles et de pluralisme politique dans le pays. Il va aussi se prêter, bon gré mal gré, à la corvée des élections qu’il va transformer en une véritable « singerie politique » afin de protéger un pouvoir qui est toujours resté personnel et violent malgré des apparences trompeuses.

Les menaces contre la tyrannie d’Ismaïl Omar ne sont jamais venues des scrutins électoraux car faussés dès le départ alors que son « pouvoir bénéficiait de complicités à l’extérieur du pays » qui ont toujours imposé un contrôle ferme et total sur le jeu politique. Ce faisant et fort de ces cautions externes… et aveugles, Ismaïl Omar n’a jamais envisagé de perdre une quelconque élection organisée, falsifiée, manipulée et gérée par ses soins.

Les risques ne pouvant venir que des Armées, IOG s’est donc préservé de ce péril en s’acoquinant très tôt avec « l’incompétence et le mercantilisme » en la personne du général Fathi Béliki ; homme arriviste, ambitieux sur qui il pourra toujours compter pour autant qu’il lui laisse librement exercer toutes ses magouilles et ses trafics de reventes de matériels détournés des Armées.

Aussi mauvaise que soit la situation des droits de l'homme à Djibouti, le pouvoir de Guelleh « l’homme au bâton » est considéré, à tort, par certaines diplomaties occidentales comme un pôle de stabilité dans une zone d'instabilité politique chronique. Diplomaties qui ont une lecture pour le moins particulière de la stabilité politique car le risque de coups d’Etat dans le pays est quasiment réduit à néant et que le régime perdurent par le moyen le plus fiable ; la tyrannie. La preuve, rien n’a changé depuis 1999 à Djibouti ! Le problème c’est que cela se fait dans le sang et la terreur sournoise ; donc au détriment de la liberté individuelle. La supposée stabilité politique a un prix trop élevé.

Depuis 2000, c’est plutôt la dégradation de la santé du président qui est apparue comme la menace essentielle à la longévité d’un système qui a permis à une partie de la haute élite civile et militaire du pays et surtout à a « famille » (au sens large du terme) de s’enrichir outrageusement pendant que la grande majorité des Djiboutiennes et des Djiboutiens s’enfonçaient dans la misère.

Un vide à la tête de l’État et une inévitable guerre de succession font aujourd’hui logiquement redouter le pire pour Djibouti qui avait jusque-là échappé aux guerres civiles et au coup d’Etat militaire ayant affaibli ses voisins les plus directs.

C’est de la sérieuse détérioration des conditions de vie des populations, des militaires et des fonctionnaires et de leur absence totale de perspectives d’amélioration que vient finalement le vrai danger pour le régime de Guelleh.

Les signes de mécontentement et de révolte populaire étaient restés jusque-là épars et ne s’étaient pas traduits par des revendications claires de changement politique…


- Un système fondé sur la violence et le patronage.


La situation politique, économique et sociale du pays s’est particulièrement dégradée depuis la seconde autoproclamation présidentielle controversée de 2004.
Ismaïl Omar Guelleh, déjà diminué par la maladie, avait remporté une nouvelle fois un scrutin frauduleux boycotté par tous les dirigeants de l’opposition.

Depuis sa réélection, la maladie du président n’a fait qu’aggraver les effets de l’usure d’un système dont la longévité repose sur deux piliers :


- Le contrôle de l’appareil sécuritaire.

Ismaïl Bobard a montré, à nouveau, lors des derniers événements, qu’il comptait essentiellement sa « garde prétorienne » pour défendre ses prérogatives.

En presque 10 années de pouvoir, Ismaïl Bobard a favorisé l’enrichissement de ceux de sa famille et de ses compagnons qu’il n’avait pas physiquement éliminés lors des purges.

Quelques rares officiers, qui composent la haute hiérarchie militaire, sont également des hommes d’affaires prospères dont le destin est lié à celui du président. Des officiers et de hauts fonctionnaires considérés moins sûrs, notamment du fait de leurs origines ethniques, ont été mis à la retraite et sous surveillance des SDS.

Malgré les inégalités dans les promotions au sein des Armées et dans l’accès des officiers aux canaux d’enrichissement des proches du président, les militaires de haut rang et plus généralement les forces de sécurité et de Police Politique ont été mieux préservés que les populations civiles de l’effondrement de leur niveau de vie au cours des dernières années.


- L’impunité de l’appropriation privée des ressources publiques.

La libéralisation de l’économie sous Ismaïl Bobard a surtout consisté – dès 1999 - à créer un “capitalisme de copains-coquins” et à encourager une confusion totale entre les biens de l’État et les biens privés.

Détournements de fonds, pots-de vin lors de l’attribution de marchés publics, surfacturations, tout est permis dès lors qu’on se trouve dans les bonnes grâces du président et que l’on ne menace pas le pouvoir .