En dépit des lois et de toutes les recommandations internationales, notamment sur la liberté d'expression et l'accés libre à Internet, seules la Police politique et les hautes autorités djiboutiennes peuvent se connecter sur notre site dans le "pays des braves".


De quelle bravoure peut ainsi se réclamer le Gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh ?



 

 

 


 

G 136 - 04/01/09

Interview du président de la Commission du Gouvernement en Exil de Djibouti "Initiatives pour le Progrès et la Refondation". (1ére partie)



Dans un contexte de crise – politique, sociale et économique - d’une extrême gravité et d’effervescence au niveau de la société djiboutienne dans son ensemble avec une forte agitation profonde au sein des Armées, de l’administration et de toutes les institutions de Djibouti, nous avons souhaité interviewer le président de la Commission GED d’Initiatives pour le Progrès et la Refondation.


Journaliste


- En préalable à ce qui va être dit, tenant compte du fait que vous appartenez tout à la fois au Gouvernement en Exil de Djibouti et au gouvernement djiboutien actuel - dirigé par Ismaïl Omar Guelleh – nous ne dévoilerons pas votre identité afin d’éviter de vous compromettre ainsi que votre famille.


Président de la Commission IPR

- Je vous en remercie, vous et moi savons quel sort est réservé par les SDS de Madobé aux membres du GED et à leurs familles lorsqu’ils arrivent à les identifier.
Vous avez pleine conscience de la difficulté de cette double activité consistant pour moi, d’une part à occuper un poste dans l’actuel gouvernement dirigé par Ismaïl Omar, et d’autre part d'œuvrer dans le gouvernement en exil pour faire progresser la situation en apportant des idées novatrices et constructives et en préparant l'alternance.

Journaliste

Est-ce à dire que vous ne pourriez pas vous exprimer aujourd'hui encore librement dans la presse et dans les médias à Djibouti ?

Président de la Commission IPR

- Nous allons de mascarade en mascarade dans notre pays. La mode actuelle est de travestir tout ; de tout annoncer mais de ne rien faire. Respect des Droits de l'Homme, liberté de la presse, Droit d'expression...etc ...tout y passe suivant l'objectif du moment et en vue de l'obtention de subventions (notamment de l'UE ...).
Pourtant, rien n'a changé dans notre pays. De même vous n’êtes pas sans savoir que la Police Politique a tous les pouvoirs ; ceux de vie ou de mort.
Les hommes des SDS débarquent à n’importe quelle heure, défoncent la porte du domicile d'une personne pour l'humilier devant sa famille et ses voisins ; le menotter et l'emmener de force on ne sait où pour y être interrogé.

Point de Commission Rogatoire et encore moins d'avocat chargé de vous défendre.


Journaliste

- Si vous le voulez bien, nous allons parler de la situation politique actuelle, du rôle que mène ou devrait mener l’opposition - de la véritable opposition mais aussi de l’artificielle ; celle qui est financée par IOG. Selon vous quelles sont les perspectives d’avenir ?.

Président de la Commission IPR

- Le premier constat que l’on se doit de faire consiste à dénoncer vigoureusement l’absence totale d’échiquier politique national dans notre pays. Tous les simulacres d’élections – qu’elles soient présidentielles, législatives ou autres ne sont que de profondes mascarades organisées depuis 1977 et qui se perpétuent.
Certaines institutions étrangères ont pensé qu’à partir de 1999 les pratiques allaient changer et qu’il y aurait une amorce d’ouverture à la démocratie mais chacun s’aperçoit que c’est pire encore que cela n'était avant. Posez la question aux familles djiboutiennes et vous verrez combien leur déception est grande.

Tout ceci étant caché derrière des images édulcorées dépassant le ridicule , superflues et combien mensongères. IOG ne veut pas de successeur !!!

Journaliste

- Vous voulez dire que bien plus que ne l’avait fait Gouled, le président Guelleh a laminé et laminera demain tous ses adversaires politiques ?

Président de la Commission IPR

- C’est exactement cela, ceci confirme malheureusement depuis 1999 ce qui lui a toujours été reproché qui est de déclarer orbi et urbi qu’il n’a et n’aura pas d’adversaire politique à sa hauteur dans la course pour la présidentielle.

Journaliste

- En procédant à un diagnostic sans complaisance de la situation politique, quelles causes peut-on retenir des échecs et de la responsabilité du RPP et de l’UMP ?

Président de la Commission IPR

- Le principe étant celui du « bâton » et d’étouffer toute opposition, devrait venir le moment pour le RPP et l’UMP en général de poser le débat sur les causes et les origines d’une perspective de débâcle qui s’annonce pour le prochain scrutin à la condition qu'il soit organisé et géré démocratiquement par un organisme indépendant du pouvoir actuel. Sur le caractère impératif de la sincérité des conditions d’organisation de ces élections ….et sur les perspectives politiques offertes pour l’avenir….

Nous avons un constat et bien des reproches à formuler.

1. Les partis qui composent l’artificielle UMP, qui sont placés sur l’autorité du RPP, n’ont pas su faire accepter ni cautionner dans l’esprit des Djiboutiennes et des Djiboutiens leur leadership sur les grandes questions nationales,

2. Le mode de management de ces partis est identique et calqué sur celui du RPP ; direction personnalisée, confisquée par la "famille"et un groupe d’amis à son service, par une vieille oligarchie institutionnalisée, rétrograde et totalement inféodée financièrement à Ismaïl Omar,

3. On peut y constater l’omniprésence d’un ostracisme et une politique d’exclusion de cette direction à l’égard de toute idée d’ouverture au dialogue, de toute idée novatrice, de tout progrés...,

4. C’est aussi une politique d’encouragement des départs répétés vers l'Occident, vers l'exil et des incitations à la démission pour ceux qui « dérangent » et cherchent à comprendre…A ceci s’ajoutent l’inaccessibilité et l’indisponibilité des bureaux des partis vis à vis même des principaux responsables de base,

5. On y observe une absence totale de lisibilité, donc de visibilité de programme alternatif et l'inexploitation des leçons que l'on se doit de tirer du passif catastrophique concernant le bilan du gouvernement Guelleh.
Avec l’inexistence d’un appareil politique et la gestion mythique des orientations stratégiques du RPP et des partis de l’UMP,

6. On ne peut que condamner l'absence d’animation et de fonctionnement démocratiques des structures de ces partis avec le copinage dans le mode de désignation des leaders locaux.

7. On notera le refus du renouvellement – là encore par l'application d'une méthode démocratique telle que l'élection - des instances avec actuellement des outils de pilotage de la stratégie basés sur l’orgueil des dirigeants et le centralisme.
Le résultat étant la désignation d'alliés peu populaires et sans base politique avérée.

8. Observons aussi la très mauvaise communication à partir et vers les Armées, comme avec l'administration. Vérités censurées avec la déplorable image des dirigeants du RPP et de l'UMP aux yeux de l’opinion.

..................à suivre